Mon cycle me fait vivre l’enfer, impossible de le kiffer !

28 décembre 2020
comprendre ce qui va et ce qui ne va pas dans son cycle menstruel

Tu le sais peut-être, ma mission est de transmettre des connaissances sur le cycle menstruel au plus grand nombre, afin de mieux le connaître et le comprendre. Pour cela, je parle souvent de cycle menstruel physiologique et de cycle menstruel pathologique. Mais je n’ai jamais vraiment pris le temps d’expliquer la différence entre les deux. Pour faire très simple, un cycle physiologique est un cycle qui va bien. À l’inverse, un cycle pathologique est un cycle où quelque chose ne va pas bien. Mais encore ? Comment savoir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas ? À quel moment le cycle menstruel devient-il pathologique ? Et pourquoi est-il important de différencier les deux ? C’est ce que je vais t’expliquer ici.

Qu’est-ce qu’un cycle physiologique ?

Un cycle physiologique, nous l’avons vu, c’est un cycle en bonne santé, dans lequel nous nous sentons bien. C’est un cycle qui dure en moyenne entre 21 et 35 jours (non, il ne doit pas absolument faire 28 jours).

Les variations sont normales

C’est aussi un cycle dans lequel nous pouvons ressentir des variations d’humeurs, ou des fluctuations d’énergie, et c’est tout à fait normal. Tous les cycles fonctionnent de la même manière dans la nature : il y a des hauts et des bas, des moments d’expansion et des moments de calme.

J’aime beaucoup prendre l’exemple des saisons en guise de comparaison, car c’est très facilement observable. Tout comme le nombre de phases dans le cycle menstruel, elles sont 4, et alternent entre :

  • la montée en énergie (au printemps – ou pendant la phase préovulatoire) ;
  • le point le plus haut (en été – ou pendant l’ovulation) ;
  • la décélération et la baisse d’énergie (en automne – ou en période prémenstruelle) ;
  • et le point le plus bas (en hiver – ou pendant les règles).

Cela marche également avec d’autres exemples : nous n’avons pas la même énergie quand nous sommes jeunes ou quand nous sommes plus âgées, le lundi ou le vendredi, la nuit ou le jour, etc. Les variations d’énergie sont donc tout à fait normales et naturelles.

L’ovulation est signe d’un cycle en bonne santé

L’ovulation est une autre caractéristique d’un cycle physiologique.

Je rappelle que l’ovulation est l’expulsion d’un ovocyte par l’ovaire, qui va déclencher de nouveaux cocktails hormonaux, afin de préparer l’arrivée d’un éventuel embryon dans l’utérus. Je dis bien éventuel, car tu n’es pas obligée de ressentir l’envie d’avoir un bébé.

Il est également intéressant de faire attention à la période qui suit l’ovulation, avant l’arrivée des règles : elle doit durer au moins 10 jours. Cela veut dire que le corps produit de la progestérone de bonne qualité et en quantité suffisante pour une potentielle grossesse. Si cette période est plus courte, l’embryon n’aura pas le temps de s’installer dans l’utérus avant l’arrivée des règles. C’est très important, même si tu ne souhaites pas avoir d’enfant car la progestérone est essentielle pour le bon fonctionnement de ton corps (éviter notamment l’ostéoporose, le SPM, apaiser l’anxiété, etc.).

Un cycle menstruel physiologique est donc un cycle qui se passe bien au niveau :

  • physique
  • psychologique
  • de l’ovulation
  • la durée entre l’ovulation et les règles

Maintenant, qu’est-ce qui est de l’ordre de la pathologie ?

Qu’est-ce qu’un cycle pathologique ?

Tu l’auras compris, un cycle pathologique est un cycle qui n’est pas en bonne santé, quelque chose ne se passe pas bien. C’est un cycle dans lequel nous allons ressentir des déséquilibres.

Déséquilibres psychologiques

Un cycle pathologique peut se traduire par des déséquilibres psychologiques. Le plus connu est le SPM (Syndrome PréMenstruel). Ses symptômes sont nombreux et varient énormément d’une personne à l’autre et même d’un cycle à l’autre. Je t’invite à lire l’article que j’ai écrit à ce sujet « Le Syndrome Prémenstruel : Parlons-en Vraiment » si cela t’intéresse.

Et puis il y a son grand frère, la version x1000 du SPM : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Celui-ci est beaucoup moins connu, pourtant il est très violent et peut être extrêmement difficile à vivre pour les personnes qui en souffrent. Tristesse extrême, dépression, grande détresse, colères d’une violence inouïe, tous ces symptômes poussent certaines femmes à faire des tentatives de suicide. Et ils disparaissent avec l’arrivée des règles.

Déséquilibres physiques

Et puis on parle de déséquilibre physique dès lors qu’il y a des douleurs. Bien sûr, nous pouvons ressentir de l’inconfort et de la gêne dans un cycle physiologique. Mais s’il y a une douleur qui ne peut être soulagée par un peu de chaud et de repos (pendant les règles ou dans la période prémenstruelle), alors nous sommes dans le cas d’un cycle pathologique.

Certaines personnes ressentent des douleurs telles, qu’elles ne sont pas en mesure d’aller au travail ou à l’école.

Je ne le répéterai jamais assez : il n’est pas normal de souffrir et de ressentir des douleurs liées au cycle menstruel.

Si nous avons mal au coude, il ne nous viendrait pas à l’idée de dire « oh, rien d’étonnant, c’est normal d’avoir mal dans cette zone du corps ». Pour les douleurs liées au cycle, c’est pareil. Ne laisse personne te dire que c’est normal si tu souffres.

Dans les deux cas, qu’il s’agisse de déséquilibres psychologiques ou physiques (ou parfois les deux) il faut chercher ce qu’il se passe, de façon à poser un diagnostic dessus. Cela permet de trouver du soutien et des solutions pour améliorer les choses, afin que cette pathologie prenne le moins de place possible (voire plus du tout) dans nos vies.

Pour cela, je ne suis pas compétente, seul.es les médecins sont en capacité de le faire.

Les autres symptômes d’un cycle pathologique

Enfin, d’autres symptômes peuvent manifester le signe d’un cycle pathologique :

  • un cycle trop court ;
  • ou un cycle trop long (de manière répétée bien sûr, si cela arrive une fois, ce n’est pas grave) ;
  • des règles trop abondantes (aussi appelées règles hémorragiques).

Mais sache que la plupart des pathologies ne sont pas irréversibles. Dans tous les cas il est possible d’apporter un mieux-être. Il serait dommage de prendre un diagnostic comme une fatalité. N’hésite pas à demander de l’aide à un ou une professionnelle pour t’accompagner.

Pourquoi faire la différence entre cycle physiologique et cycle pathologique ?

Si nous devions résumer, nous pourrions dire qu’un cycle physiologique n’a pas besoin d’accompagnement médical, alors qu’un cycle pathologique, oui.

Et si j’insiste pour que nous fassions la différence entre les deux, c’est parce qu’à force de tout mettre dans le même panier, nous avons trop tendance à oublier que l’un est un processus naturel et que l’autre n’est pas normal.

C’est ce que je présente dans Kiffe ton cycle : un cycle menstruel en bonne santé est un outil puissant, un gestionnaire de projet interne sur lequel nous pouvons nous appuyer pour nous réaliser. Il est positif, joyeux, et tu peux le kiffer… même si parfois c’est inconfortable (car justement je t’apprends à dealer avec cet inconfort pour en faire un allié).

Je reçois parfois des messages de personnes qui vivent un cycle pathologique et qui me disent « c’est n’importe quoi, tu ne peux nous dire qu’il est possible de kiffer son cycle ! ». Et je suis d’accord à 100 %. C’est très complexe de kiffer dans le cas d’un cycle pathologique. C’est pourquoi il est essentiel de savoir dans quel cadre nous nous situons. D’abord pour se faire accompagner quand c’est nécessaire, et puis pour arrêter de faire des amalgames et considérer normal que les femmes souffrent 3, 4, 5 jours par mois, voire plus. Non, ce n’est pas normal.

Après, je me permets tout de même de te glisser à l’oreille que nombre des femmes qui ont suivi Kiffe ton Cycle et qui ont une pathologie y ont trouvé un grand réconfort et une baisse des symptômes désagréables. Mais cela ne remplacera jamais une prise en charge médicale adéquat.

Ton cycle joue dans ton camp, qu’il soit pathologique ou physiologique, tu peux apprendre à l’apprivoiser, vivre avec, t’appuyer sur son énergie qui te traverse tous les mois pour réaliser tes objectifs, te réaliser toi.

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Commentaires

  1. Avez-vous une solution efficace à proposer aux (trop nombreuses) femmes qui SAVENT que ce n’est pas normal d’avoir mal mais qui ont mal à hurler quand même ? Cela fait 16 ans que je cherche une solution sans résultat… Aucune raison médicale expliquant cela, aucune solution pour supprimer la cause de la douleur, et cette douleur si atroce tous les mois que j’en ai peur les jours d’avant et qu’il faut plusieurs jours pour m’en remettre. Comment faire ?

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