Le Syndrome Prémenstruel : Parlons-en Vraiment

11 mars 2020

Le syndrome prémenstruel, qu’on appelle aussi SPM, est aujourd’hui encore assez peu connu. À la fois chez les femmes, mais aussi chez les médecins, dont les gynécologues. Pourtant, la plupart d’entre nous vivent ce SPM chaque mois, durant la période qui précède les règles. C’est un trouble réel mais trop souvent minimisé. Il peut être plus ou moins sévère selon chaque femme ou chaque cycle menstruel. Souvent inconfortable, parfois douloureux, voire même très difficile à vivre pour certaines, parlons vraiment de ce syndrome prémenstruel. Qu’est-ce que c’est au juste ? Comment le diagnostiquer ? Comprendre ce qui est normal ou non ? Qu’est-ce que le TDPM ? C’est ce que l’on va voir ensemble.

Comprendre le syndrome prémenstruel 

Qu’est-ce que c’est ?

Pour comprendre ce qu’est le syndrome prémenstruel, je vais commencer par te donner une explication très simple, qui tient en une phrase : le SPM, ce sont tous les symptômes que l’on ressent pendant la période prémenstruelle, entre l’ovulation et les règles. 

Il est important de préciser : il y a une différence entre le physiologique et le pathologique. Lorsque je parle des symptômes du SPM, je parle de manifestation pathologique : quand les symptômes causent un désagrément. À la différence du physiologique : quand il y a des fluctuations normales, on voit les choses un peu plus en noir et on repère ce qui ne va pas. Je reviens là-dessus un peu plus loin. 

Petit rappel : le cycle menstruel est composé de 4 phases. Celles-ci sont guidées par les variations hormonales. Il y a :

  • la phase des règles ;
  • suivie de la phase pré-ovulatoire ;
  • puis la phase de l’ovulation ;
  • et enfin la phase prémenstruelle. 

Et c’est de cette dernière dont on parle aujourd’hui. Celle durant laquelle beaucoup ressentent ce syndrome prémenstruel, ou parfois même le redoutent.

À quoi il ressemble ?

Bonne question, à quoi ressemble-t-il ce syndrome prémenstruel ? Comme je te le disais, c’est un ensemble de symptômes. Il y en a plus de 300 ! Oui, c’est beaucoup. Voici les principaux, que l’on retrouve souvent : 

  • douleurs : aux seins, dans le dos, maux de tête, maux de ventre, crampes, … ;
  • gonflements : des cuisses, du ventre, des seins, … ;
  • colère ou irritabilité ;
  • de la fatigue ;
  • un manque de concentration ;
  • de la tristesse, parfois extrême ;
  • etc.

Bien sûr, il y en a encore beaucoup d’autres. Mais ceux-ci sont les plus courants. Et ils peuvent être vécus plus ou moins intensément, selon les femmes, parfois aussi selon les différentes périodes de la vie. Mais alors d’où ça vient ?

2 types de dérèglements hormonaux

Les symptômes du SPM s’expliquent par un dérèglement des hormones. Dès lors que le taux hormonal est déséquilibré, le syndrome prémenstruel peut se faire ressentir. Mais de quelles hormones est-ce que je parle ? Des œstrogènes et de la progestérone. 

Ce déséquilibre peut se manifester dans un sens : trop d’œstrogènes par rapport à la progestérone ; comme dans l’autre : trop de progestérone par rapport aux œstrogènes.

Alors, les symptômes sont-ils les mêmes dans les deux cas ? Eh bien non.

  • Quand il y a trop d’œstrogènes (hyperœstrogénie) : ça agit comme une pédale d’accélérateur, c’est l’expansion. Il va donc plutôt y avoir des gonflements, de la colère, de l’irritabilité.
  • Quand il y a trop de progestérone (hyperprogestéronémie) : là, au contraire, ça va agir comme une pédale de frein. Ça crée de l’anxiété, on a la sensation de se vider de son énergie, c’est dans ce cas que l’on peut retrouver un sentiment de déprime. 

 

Comment diagnostiquer le syndrome prémenstruel ?

Maintenant, pour être en mesure de diagnostiquer le SPM, pour comprendre où est la limite, il faut arriver à discerner le normal du pas normal, le physiologique du pathologique. 

Quand c’est « normal »

On va parler de situation normale lorsque les effets de la période prémenstruelle sur le corps sont de l’ordre physiologique. C’est-à-dire : l’envie de faire du propre, comme un besoin de remettre les pendules à l’heure et de faire table rase pour repartir sur du neuf. Il n’y a alors pas de déséquilibre hormonal.

C’est une période où, naturellement, tu vas avoir un regard un peu plus noir sur les choses, tu repères ce qui ne va pas, c’est le moment de faire le ménage. Typiquement, tu vas repérer beaucoup plus vite les chaussettes sales qui traînent durant cette phase 😉

L’aspect positif : cette période agit comme un coach interne, naturel, à condition de l’écouter. Il peut t’aider à mieux discerner les problèmes qui te freinent dans tes projets. Vois ça comme un audit gratuit, chaque mois. C’est également une phase de grande créativité. Au plus proche de toi-même, tu trouves des idées qui te ressemblent. 

Quand ce n’est « pas normal »

Ce n’est pas normal à partir du moment où ça devient pathologique. C’est-à-dire : dès que ça devient inconfortable. Si la situation devient un problème, qu’elle est gênante, douloureuse, invalidante, voire qu’elle te pourrit la vie, alors ce n’est pas normal. Là, il y a un déséquilibre hormonal. 

Savais-tu qu’aujourd’hui, 40 % des femmes pensent que c’est normal de souffrir autour de la période des règles ? Quand on appréhende cette partie du cycle ce n’est pas normal et il y a des choses à faire. Dans les cas les plus extrêmes de SPM, on parle de TDPM : trouble dysphorique prémenstruel

 

Le trouble dysphorique prémenstruel – ou TDPM

C’est quoi le trouble dysphorique prémenstruel ?

Le trouble dysphorique prémenstruel, c’est une atteinte psychologique du SPM très sévère. Ce trouble est encore trop méconnu et on parle peu. Pourtant, celles qui en souffrent vivent de grandes détresses chaque mois, les amenant parfois à faire des tentatives de suicide, ou à l’internement psychiatrique. 

Ce trouble n’est pas une dépression aggravée avec le cycle, ni un trouble bipolaire comme c’est souvent désigné, à tort, puisqu’il disparaît avec l’arrivée des règles. 

Quelle différence entre SPM et TDPM ?

À l’inverse des symptômes du SPM, qui sont en général physiques ou émotionnels, les symptômes du TDPM sont plus souvent de l’ordre psychologique voire psychiatrique. C’est certainement là, la grande différence entre les deux. 

De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire, dans le cas du TDPM, il ne s’agit pas d’un dérèglement hormonal plus grand que pour le SPM. Ce sont les cellules du corps qui ne reçoivent pas les informations hormonales correctement. 

 

Comment apaiser le syndrome prémenstruel ?

Comprendre d’où vient le problème

La bonne nouvelle que j’ai envie de transmettre avec cet article, c’est que tout ça n’est pas une fatalité. Aucune situation n’est inéluctable. Tu n’es pas condamnée à souffrir ni à subir ton cycle hormonal. La première étape vers un apaisement de tous ces symptômes, c’est de les comprendre, de comprendre d’où ils viennent. 

Le simple fait de les observer, de savoir qu’ils sont là et qu’ils vont passer, ça va t’aider à les accueillir et à calmer ton esprit. Évidemment, tu y vas à son rythme et dans les limites de tes capacités. Si cela prend du temps, ce n’est pas un problème. Le fait d’en prendre conscience et d’être bienveillante avec toi-même est déjà un grand pas en avant. Et après ?

Réduire le stress pour réduire le SPM 

Aujourd’hui on sait que la cause numéro 1 du dérèglement hormonal, et donc du syndrome prémenstruel, c’est le stress

Comment ça marche ? Le stress provoque la création de cortisol. Et la création de cortisol entre en compétition directe avec la création de progestérone, puisque les deux hormones utilisent la même matière première. Puisque le cortisol prend le dessus sur la progestérone, on comprend que le stress affecte directement l’équilibre hormonal du cycle. 

Le stress affecte aussi le fonctionnement des différentes glandes nécessaires pour le bon fonctionnement du cycle menstruel.

Mes 7 conseils pour mieux vivre la période prémenstruelle

  1. Comprendre la situation : le SPM, c’est quoi ? C’est la phase des symptômes contraignants (il en existe plus de 300) qui disparaissent au plus tard le 2ème jour des règles.
  2. S’observer : regarde ton corps, ton état d’esprit. Note ce qui change sur ton agenda, une appli ou sur une fluer de cycle (à télécharger en haut à gauche de cette page). 
  3. Tu adaptes ta vie et tes tenues : fais baisser au maximum de stress qui fait produire du cortisol (et qui aggrave le SPM). Investis dans des vêtements adaptés (soutien-gorge une ou deux tailles au dessus, pantalon à taille élastique- voir de grossesse-, robe qui ne serre pas la taille). Il faut arrêter de nier les symptômes et tout faire pour bien vivre avec.
  4. Tu t’autorises : à annuler ce qui te saoules. Et tu évites de sortir de martinet de la culpabilité à chaque craquage… en limitant ce qui est inflammatoire : thé, café, alcool, cigarette ou encore le lactose et le gluten.
  5. Le chocolat noir peu sucré est ton ami : Le magnésium qui réduit les effets du stress. Tu peux aussi en trouver dans les légumes verts, les céréales complètes, les fruits (noix, noisettes, amandes…), les légumes secs (haricots blancs, lentilles, pois cassés) et certaines eaux minérales.
  6. Fais le plein d’oméga-3 : Tu en trouveras dans les petits poissons gras, les huiles de colza, olive, lin. Les légumes à feuilles bien vertes et les fruits à coques sont aussi tes amis.
  7. Mise sur la sororité : tu n’es pas seule ! Parles-en autour de toi, tu pourrais être surprise de voir comment les langues se délient quand une ose en parler. Découvre aussi les comptes Instagram @spmtamere ou @tdpmetmoi, qui mettent en lumière le Trouble Dysphorique PréMenstruel, une pathologie méconnue.

Prendre soin de soi pendant le syndrome prémenstruel

C’est aussi l’heure de faire attention à soi : se cocooner, porter des vêtements plus souples et une taille de soutien-gorge au-dessus de la normale car on a tendance gonfler, aller au hammam si on en ressent le besoin, etc. Plus nous prenons soin de nous-mêmes à ce moment-là, moins nous serons sujettes aux sautes d’humeur et aux émotions en yoyo.

 

Si tu as des astuces pour te chouchouter, ou te faciliter la vie pendant ta période prémenstruelle, n’hésite pas à les partager en commentaires ⬇️⬇️Je serai ravie de te lire !

👉Tu souhaites approfondir ou être accompagnée dans la compréhension de ton cycle et de son fonctionnement ? J’ai créé un programme en ligne, Kiffe ton Cycle, pour t’aider. 

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👉Le prochain sommet sera consacré au désir d’enfant. N’hésite pas à faire un tour sur la page Facebook ou le compte Instagram pour suivre les dernières actualités. 

Commentaires

  1. Super article merci !
    Pour se retrouver un peu dans les symptômes, le Dr Guy Abraham avait proposé un classement en 4 classes selon la prédominance des signes ressentis :
    Le SPM de type A, comme anxiété : irritabilité, troubles de l’humeur
    Le SPM de type H comme hydratation : gonflement, rétention d’eau
    Le SPM de type C comme craving (fringales en anglais) : fringales, envies d’aliments sucrés avec malaise, faiblesse
    Le SPM de type D comme dépression : tristesse, envie de pleurer, confusion, voire idées suicidaires
    ça peut aider aussi dans l’accompagnement ensuite pour déterminer le climat hormonal de la femme.

    Et pour aller plus loin encore dans la physiologie que tu as l’air de bien connaître (c’est doux pour mes yeux de lire entre les lignes), il y a aussi le paramètre des neuromédiateurs à prendre en compte en parallèle des hormones. Il y a un jeu subtil qui se joue au fil du déroulement du cycle qui est bien intéressant.
    Avec plaisir d’échanger si tu veux 😉

  2. Pour le syndrome prémenstruel, l’alchemille fonctionne très bien. Mes patientes l’utilisent en extrait de plante (à faire en pharmacie) à raison de 10mL par jour dilué dans de l’eau du 14ème jour du cycle jusqu’aux règles.
    Pour les seins tendus et douleurs diverses, le soulagement est assez impressionnant. Certaines même sont étonnées par l’arrivée de leurs règles parce qu’elles n’ont pas souffert avant (déconseillé en cas de contraceptif oral). A voir avec son médecin ou son naturopathe.

    Je plussoie également sur les neuromédiateurs (mentionnés par Carole). Le chocolat noir, en soi, n’apporte pas assez de magnésium pour que ça fasse une différence à moins d’engloutir la tablette. Mais la petite touche sucrée, outre le réconfort, permet à la sérotonine de mieux migrer vers le cerveau. Ce neuro-transmetteur apaise l’irritabilité et apporte plus de recul et de sérénité. Il est donc particulièrement indiqué pendant le syndrôme pré-menstruel.

    Merci pour cet article éclairé !
    d’elfe

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