Facebook comprend les femmes mieux que nous-mêmes ?

13 septembre 2019

Facebook a trouvé un moyen d’être informé sur notre cycle menstruel.

Quand j’ai reçu l’information j’ai senti monter la colère. C’est tellement intime !!!

Puis j’ai réalisé que c’est peut-être une opportunité pour une prise de conscience de l’importance du cycle menstruel sur nos vies.

L’ONG Privacy International a étudié 36 applications de suivi du cycle menstruel et révèle que 61% d’entre elles transmettent automatiquement des données à Facebook. (source : le Monde)

 

Pourquoi diable Facebook a-t-il besoin de ces informations ?

As-tu déjà remarqué les modifications de ton état d’esprit au cours de ton cycle menstruel ? As-tu repéré les craquages vestimentaires ou autres qui reviennent toujours dans la même période de ton cycle ?

La plupart d’entre nous n’y fait pas vraiment attention. Comme personne ne nous a jamais expliqué ces variations, on ne connecte pas les deux informations : achats = période du cycle.

Il y a les achats « compulsifs » mais aussi les besoins qui évoluent pendant le cycle. On a envie de régime quand on se sent gonflée, envie de voyage quand l’énergie remonte ou d’une nouvelle crème de jour quand les boutons éclosent. Ce sont des exemples et bien sûr chacune est différente… mais il y a des tendances générales.

Ces tendances sont à imputer à l’action des principales hormones du cycle : les œstrogènes et la progestérone (avec une action plus modérée de la testostérone).

 

Facebook utilise ces données à des fins mercantiles

Quand le géant au logo bleu croise ces données avec nos réactions sur les posts, notre façon d’interagir etc. Il entre littéralement dans notre tête ! C’est le rêve de tous les diffuseurs de publicité.

Il peut ensuite nous présenter plus de contenu sponsorisé à telle ou telle période du cycle. C’est aussi utile pour nous lâcher la grappe à d’autres moments (et limiter les désabonnements quand nous risquons de mal réagir à autant de sollicitations).

Même si je ne cautionne pas le transfert de ces données, je trouve que leur idée est, d’un point de vue marketing, pertinente.

 

Les principales intéressées ne se comprennent pas si bien

En revanche ce qui m’étonne, c’est que les personnes qui vivent ce cycle chaque mois ne sachent pas vraiment ce qu’elles vivent.

Il y a un déficit d’information dans notre culture générale.

Réalisant que Facebook prend la peine de comprendre le cycle menstruel, n’est-ce pas le moment pour nous toutes de le comprendre aussi ?

Comprendre ce qui se passe c’est aussi arrêter d’être téléguidée par au choix : nos hormones / Facebook.

La plupart des propositions d’achat visent à combler une sensation désagréable. Eh oui, si nous ne déchiffrons pas les variations liées au cycle, ces fluctuations créent des tensions à l’intérieur.

Une fois que nous les comprenons, ces tensions se relâchent au profit d’une écoute plus attentive à soi.

Alors plus besoin de changer de cosmétiques ou de craquer sur la dernière formation pour faire fuir le syndrome de l’imposteure qui vient de s’abattre sur nos épaules.

 

Des données précieuses

Collecter des données c’est une chose, savoir les utiliser en est une autre. Si Facebook recueille ces informations c’est pour nourrir les algorithmes qui calculent à des vitesse incroyables les corrélations.

Mais pas besoin d’ordinateur savant pour que tu puisses toi-même utiliser les données de ton cycle à ton propre bénéfice.

La nature fait bien les choses, et de fait le cycle menstruel n’a pas été sélectionné dans notre évolution par le grand capitalisme. Nous ne sommes pas programmées pour consommer à tout va.

 

Alors pour quoi ?

Le cycle est certes le moyen de pouvoir donner la vie, mais pas seulement. Il permet à celles qui le vivent de passer par un processus d’auto-coaching mensuel. Le petit hic, c’est que pour bénéficier de cet auto-coaching il nous faut savoir traiter les données.

Je rêve que cet enseignement soit offert au plus grand nombre dès l’âge scolaire. Mais comme ce n’est pas encore le cas, j’ai créé Kiffe ton Cycle pour que des machines ne puissent pas nous comprendre mieux que nous-mêmes… et surtout pour que le cycle devienne un outil d’empowerment.

 

Donner ou ne pas donner nos données ?

Un moyen facile de garder les informations pour toi est de prendre tes notes sur du papier. Tu peux faire une fleur de cycle par exemple (à télécharger ici). Si tu utilises une appli tu peux te demander si les informations que tu rentres sont (pour toi) de nature publique. Si oui, continue, si non… je te laisse voir. Mais un truc est clair : les applis gratuites doivent trouver un modèle économique, n’hésite pas à creuser pour savoir lequel. 😉

Commentaires

  1. Wahou, je n’aurais jamais pensé que Facebook utilise les variations des cycles pour prposer ses pubs… et encore moins qu’il soit au courant que ça existe ! Quand on pense que nous-mêmes on ne le sait pas, c’est vrai que ça sonne dingue !
    Bon moi je ne savais même pas qu’il y avait des applis concernant le cycle menstruel, donc j’ai appris pleins de choses dans cet article 😅 – mais ce que je retiens le plus c’est qu’il y a vraiment des moments où l’on a plus envie de certaines choses, je ne l’ai pas encore assez intégré, je vais me replonger de ce pas dans ta formation ! 😉👍😘
    (En tout cas, c’est chouette que de si gros groupes soient au courant, ça veut dire que c’est en bonne voie pour que tout le monde le sache un jour 😉)

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